On me la pose régulièrement : « Pourquoi tu ne fais pas Drag Race France ? » Ce n'est ni un manque d'ambition ni un manque d'amour pour le drag. C'est une question de parcours, de priorités et de liberté. Voici ma réponse, honnête.

Il existe plusieurs façons d'être drag queen

Drag Race a fait énormément pour la visibilité du drag en France, et je le dis sans ironie. Mais mon drag à moi, c'est l'expérience de la scène, l'animation, l'humour, la transformation et le contact avec le public. Je ne fais pas de grand écart ni de poirier, et je ne construis pas mes shows sur l'acrobatie. Ce n'est pas mon registre. Ça ne rend pas mon drag moins légitime, juste différent.

Ma carrière existe déjà

Je travaille depuis plus de 20 ans, à Paris, en province et parfois à l'étranger. J'ai mes clients : soirées privées, entreprises, mariages, animations, spectacles et télévision. Pour beaucoup d'artistes, l'émission est un formidable accélérateur. Moi, je n'en ai pas besoin pour commencer à travailler.

J'ai aussi un autre métier

En parallèle de la scène, je suis salarié dans une grande maison de luxe. Cette stabilité compte pour moi. Une émission comme Drag Race demande une disponibilité énorme pendant le tournage, puis après : interviews, galas, tournée. Je ne suis pas prêt à mettre tout ça entre parenthèses. C'est un choix de vie.

Je ne paie pas pour passer à la télé

Préparer une compétition drag, c'est des dizaines de tenues, de perruques, d'accessoires et de créations sur mesure. Le budget peut atteindre l'équivalent d'un apport immobilier. Ma relation avec la télé a toujours été simple : en général, on me paie pour en faire, pas l'inverse.

Les concours, ce n'est pas pour moi

Je préfère les spectacles collectifs aux classements. Je n'ai pas besoin d'une couronne pour savoir ce que je vaux sur scène. Et pour être jugé, j'ai envie de l'être par des gens qui connaissent le terrain et les contraintes du métier. C'est un avis personnel, je respecte l'émission et celles qui y participent.

La télé a ses propres règles : rythme, montage, personnages. Je préfère être jugé dans la durée, devant un vrai public, plutôt que sur quelques minutes de montage.

Mon âge et mon drag

Je viens d'une autre époque du transformisme et du drag. Avec le temps, on connaît ses envies. Je n'ai plus envie de repartir de zéro pour prouver en quelques épisodes ce que j'ai construit en vingt ans. Et mon drag est tourné vers le divertissement, pas vers le militantisme. Je respecte profondément les artistes qui portent des causes, ce n'est simplement pas ma façon de faire.

Rester libre

Je tiens à mon indépendance. Je veux pouvoir travailler avec toutes les chaînes, toutes les productions, toutes les entreprises, sans être présentée uniquement comme « une candidate de Drag Race ». Je suis Lady Maxx avant d'être le produit d'un programme.

Drag Race France est une belle aventure. Ce n'est juste pas la mienne. Et pas besoin de gagner un concours pour être une reine. Si le sujet vous intéresse, j'ai aussi écrit sur ce que Drag Race a changé pour les drag queens.