Drag Race France
Pourquoi Lady Maxx ne participe pas à Drag Race France ?
On me pose régulièrement la question : « Pourquoi ne participes-tu pas à Drag Race France ? »
La réponse n’est pas liée à un manque d’ambition, ni à un manque d’amour pour le drag.
Elle est simplement liée à mon parcours, à mes priorités et à la manière dont j’ai choisi de construire ma carrière d’artiste transformiste et de drag queen.
Drag Race ne correspond pas à toutes les formes de drag
Drag Race est devenu une vitrine importante pour la scène drag.
L’émission a permis de mettre en lumière de nombreux artistes, de populariser cet univers auprès du grand public et de faire évoluer le regard porté sur le drag en France.
Mais il existe plusieurs façons d’être drag queen.
Mon drag repose avant tout sur l’expérience de la scène, l’animation, l’humour, le glamour, la transformation, le contact avec le public et la capacité à m’adapter à des événements très différents.
Je ne fais pas de poirier, je ne réalise pas de grand écart et je ne cherche pas à construire mes prestations autour de performances acrobatiques.
Ce n’est tout simplement pas mon registre artistique.
Et cela ne rend pas mon drag moins légitime. Il est seulement différent.
Une carrière et une clientèle déjà bien installées
Je travaille depuis de nombreuses années comme artiste drag queen, en France, en province et parfois à l’étranger.
J’ai déjà développé ma propre clientèle et je suis régulièrement sollicité pour des événements privés, des soirées d’entreprise, des mariages, des animations, des spectacles et des apparitions médiatiques.
Participer à Drag Race peut être un formidable accélérateur de carrière pour certains artistes.
Dans mon cas, mon activité existe déjà, mon public est présent et mon parcours s’est construit progressivement, sans dépendre d’un concours télévisé.
Je n’ai donc pas besoin de l’émission pour commencer à travailler ou pour prouver que je suis capable de tenir une scène.
Je suis également salarié dans une maison de luxe
En parallèle de mon activité artistique, j’occupe un CDI au sein d’une grande maison de luxe.
Cette stabilité professionnelle est importante pour moi. Participer à une émission comme Drag Race demande une disponibilité considérable, pendant le tournage, mais également après la diffusion.
Les artistes peuvent ensuite être sollicités pour des interviews, des événements, des spectacles et une tournée liée au programme.
Aujourd’hui, je ne suis pas disponible pour mettre entre parenthèses mon emploi, mon activité professionnelle et mes engagements afin de suivre ce rythme.
Ce n’est pas un refus du succès. C’est simplement un choix de vie.
Je ne souhaite pas investir une somme importante pour passer à la télévision
Participer à une compétition drag demande généralement une préparation considérable : costumes, perruques, maquillage, accessoires, chaussures, créations sur mesure et parfois plusieurs dizaines de silhouettes.
Cela peut rapidement représenter un budget très important.
Personnellement, je ne souhaite pas investir l’équivalent d’un apport immobilier ou d’une épargne importante uniquement pour apparaître dans une émission.Ma relation avec la télévision a toujours été différente : lorsque je participe à un programme ou à une production, je suis généralement engagé et rémunéré pour mon travail, mon image, mon expérience ou ma personnalité.
J’ai donc une approche assez simple : en général, on me paie pour faire de la télévision, et non l’inverse.
Je ne suis pas attiré par les concours
Je n’ai jamais été particulièrement attiré par la compétition entre artistes.
Je préfère les collaborations, les spectacles collectifs et les projets dans lesquels chaque artiste peut apporter son univers sans devoir nécessairement éliminer les autres.
Le drag est déjà un métier exigeant. Il demande du talent, de la créativité, de la discipline, du courage et beaucoup de travail.
Je n’ai pas besoin d’un classement ou d’une couronne supplémentaire pour savoir ce que je vaux sur scène.
Je ne me reconnais pas totalement dans le jury
Participer à un concours signifie accepter d’être évalué par un jury.
Or, pour juger le travail, le parcours et les compétences d’un artiste, j’estime qu’il faut posséder une véritable expérience du terrain, connaître les contraintes du métier et avoir soi-même fait ses preuves dans les disciplines évaluées.
Cela reste évidemment une opinion personnelle. Je respecte le programme et les personnes qui y participent, mais je ne me sentirais pas forcément à l’aise avec tous les critères de jugement ou avec toutes les décisions prises dans le cadre d’une émission de divertissement.La télévision suit aussi ses propres règles : il faut créer du rythme, raconter des histoires, construire des personnages et provoquer des réactions.
Ces impératifs ne reflètent pas toujours entièrement la réalité d’une carrière artistique.
Mon âge et mon expérience ont changé mes priorités
Je fais partie d’une génération qui a connu une autre époque du transformisme et du drag.
Avec le temps, on apprend à mieux connaître ses forces, ses limites et ses envies.Je suis peut-être aujourd’hui un peu trop expérimenté, ou simplement trop installé dans ma vie, pour accepter certaines contraintes liées à un concours télévisé.
Cela ne signifie pas qu’il existe un âge limite pour participer. De nombreux artistes expérimentés pourraient parfaitement y trouver leur place.
Mais en ce qui me concerne, je n’ai plus envie de repartir de zéro ou de devoir démontrer en quelques épisodes tout ce que j’ai construit pendant des années.
Mon drag n’est pas politisé
Le drag peut être festif, artistique, militant, politique, humoristique, glamour ou parfois tout cela à la fois.
Mon univers est principalement tourné vers le spectacle, le divertissement, la transformation, le rire et la proximité avec le public.Je respecte profondément les artistes qui utilisent leur drag pour défendre des causes et porter des messages politiques.
Mais je ne souhaite pas transformer systématiquement mon personnage en porte-parole ou en symbole militant.
Mon identité artistique ne correspond donc pas forcément à toutes les attentes actuelles de la scène médiatique.
Je souhaite conserver ma liberté artistique
Participer à une grande émission peut donner une visibilité exceptionnelle, mais cela peut également associer durablement un artiste à une chaîne, à un programme ou à une image précise.
Je tiens à conserver mon indépendance.Je veux pouvoir travailler avec différentes productions, différents médias, différentes entreprises et différents publics, sans être uniquement présenté comme « un candidat de Drag Race France ».Je suis Lady Maxx avant d’être le produit d’un programme télévisé.
Mon parcours comprend déjà de nombreux spectacles, événements et passages à la télévision.
Je souhaite continuer à développer cette identité sans être enfermé dans une seule catégorie médiatique.
La télévision reste une émission de divertissement
Comme dans de nombreux programmes de compétition, le montage, le casting, la narration et les choix éditoriaux jouent un rôle important.
Les relations professionnelles, les réseaux et les affinités peuvent également compter dans le milieu artistique, comme dans beaucoup d’autres secteurs.
Je préfère cependant rester prudent : seul le public présent lors du tournage connaît vraiment l’ensemble de ce qui s’est passé.
Ce qui est certain, c’est qu’une émission de télévision ne montre jamais l’intégralité d’une personne, d’un parcours ou d’une performance.
Elle propose une histoire construite pour divertir.Je préfère donc être jugé sur la durée, devant un vrai public, plutôt que sur quelques minutes de montage.
Ne pas faire Drag Race n’est pas un échec
Drag Race France est une opportunité exceptionnelle pour de nombreux artistes, mais ce n’est pas l’unique voie possible pour réussir dans le drag.
On peut construire une belle carrière grâce aux spectacles, aux événements privés, aux entreprises, aux cabarets, aux médias, aux réseaux sociaux et surtout grâce à la fidélité du public.
Je suis reconnaissant envers les personnes qui pensent que j’aurais ma place dans l’émission.
C’est souvent une marque de confiance et de reconnaissance.Mais aujourd’hui, ma réponse reste la même : Drag Race France est une belle aventure, simplement ce n’est pas la mienne.
Je préfère continuer à faire vivre mon personnage, à développer mes propres projets et à exercer mon métier avec liberté.
Car il n’est pas nécessaire de gagner un concours pour être une reine.
