Cette interview a été réalisée par le site dragqueens.fr, dans sa rubrique consacrée aux drags parisiennes, l'année de mes 20 ans de scène. Je la republie ici, telle quelle sur le fond.
Depuis combien de temps fais-tu du drag ?
Depuis très jeune. Cette année, je fête mes 20 ans de scène.
Comment as-tu découvert le drag ?
Je viens d'une famille modeste. J'ai toujours eu envie d'être quelqu'un d'autre, de rêver, de vivre avec la musique. Je n'avais pas la danse pour être danseur au Lido, ni les muscles pour être gogo-danseur. Alors très jeune, je me suis construit un personnage du week-end, excentrique, qui n'avait peur de rien. Puis je suis monté à Paris avec ma personne et mon personnage.
En sortant au Queen, au Scorp, aux Bains, j'ai découvert des personnages hauts en couleur comme Dario, Dita, Tyra ou Mona Lisa. J'ai décidé de transformer mon personnage en drag. J'ai beaucoup investi dans les tenues et les cours de maquillage, puis j'ai monté une vraie structure commerciale. J'ai d'ailleurs été la première drag à avoir un site web. Autodidacte, je me suis enfermé trois mois pour comprendre comment ça marchait.
Tu te souviens de ta première fois en public ?
Bien sûr. Au Dépôt, Géraud, le directeur artistique de l'époque, m'a proposé l'exclusivité sur ses soirées et sa tournée. Il voulait quelqu'un de fun, de nouveau, d'investi, et pas une drag « femme ». Pour cette première grosse soirée, j'ai eu la chance de travailler avec Confetti's.
Quel est le style de Lady Maxx ?
Il n'y a pas vraiment de code ni de limite, surtout avec mon physique atypique. Ma règle d'or : ne pas copier, ne ressembler à personne. J'ai commencé avec des looks très androgynes, puis plus féminins. Mais avant tout, je m'adapte au client, je n'impose jamais rien. Je me vois comme un clown de nuit. Un jour, un client m'a dit : « Je n'aime pas les gays, mais toi t'es pas pareil. » C'est bête, mais ça résume un peu mon travail : je suis artiste avant tout.
Tu as été la première drag en télé-réalité, en 2006. Quel était ton défi ?
Grâce à Angela Lorente, j'ai participé au Royaume sur TF1, une sorte de Koh-Lanta au Moyen Âge. J'avais prévenu : si j'ai mes costumes, je sors mon personnage, sinon je serai un homme. Ce fut le cas. Je voulais casser le cliché de la drag fofolle. Je me suis tellement battu que je suis arrivé en finale. J'en suis sorti fier, plus fort. Je n'étais plus le petit garçon mince, pauvre et faible.
On te voit souvent à la télé. On vient te chercher ?
Je suis dans les fichiers de pas mal de directeurs de casting. Mon côté drôle, accessible et polyvalent fait qu'on me contacte souvent. Après, je choisis. Je ne fais pas ce métier en amateur, j'ai deux sociétés, dont une avec Miss Fein, mon associée et amie. Je ne peux pas me permettre l'approximatif.
Tu es aussi transformiste. C'est le même travail ?
Pas du tout. Le drag, c'est un personnage personnel, en club ou en soirée privée. Le transformisme, c'est l'art de calquer une célébrité, homme ou femme, avec ses costumes et ses mimiques. C'est du cabaret, ça s'adapte à tous les publics : une maison de retraite, un congrès d'avocats… Drag, transformiste, androgyne : l'essentiel est de divertir, de faire rêver et, au mieux, de faire bouger les mentalités. J'en parle plus en détail dans cet article sur la différence.
Tu es parrain d'une association de protection animale…
Oui, de la Fédération française de protection animale. Les animaux sont les seuls qui ne m'ont jamais déçu. J'utilise mon personnage pour défendre ceux qui ne peuvent pas le faire. J'ai aussi géré le casting de deux Maillon faible pour des associations.
Retrouvez tous mes passages télé dans ce récapitulatif, et mon parcours sur la page L'artiste.
